Pour déstabiliser le CSA : La CMFPR mise sur les jeunes de Gao

Pour déstabiliser le CSA : La CMFPR mise sur les jeunes de Gao

Marginalisés au sein du processus de paix, les groupes sédentaires ont désormais des alliés de taille, les jeunes mouvements civils de résistance de Gao. L’objectif est de se battre pour une meilleure implication des populations au sein du CSA et des autres organes du processus de paix.

A la faveur d’une cérémonie qui a eu lieu hier, les différentes coordinations des mouvements des forces patriotiques de résistance (CMFPR) tentaient de se réunifier. Pour l’occasion, les jeunes mouvements de résistance civile de Gao étaient de la rencontre et ont manifesté leur volonté de voir la situation s’améliorer au bénéfice des populations. Dans la foulée, le représentant des jeunes patrouilleurs de Gao a demandé l’implication de son organisation dans le comité de suivi de l’accord.

Avant de lancer un avertissement : “Gao à l’œil sur vous”. Cette déclaration sonne comme un soutien aux groupes sédentaires jugés exclus du processus de paix. Le président de la CMFPR3, Mahamane Alassane Maïga, a rappelé la question de l’inclusivité qui est une exigence de la résolution 2100 de l’ONU. “Aucun accord n’est pas une panacée, c’est juste une base de discussions. Le problème le plus grave qui se pose est l’article 10 qui parle d’inclusivité. Conséquence, l’incapacité de composer le comité de suivi de l’accord sans l’ensemble des signataires”, a-t-il précisé.

Selon lui, tout le problème réside dans le fait que la CMA ne veut pas s’asseoir sur la même table que la CPA et la CMFPR2. Non sans s’interroger sur le climat de mésentente qui prévaut au sein des groupes sédentaires.

“Les tentatives de réconcilier n’ont rien donné. Tant que les communautés se réconcilient, il n’y a pas de paix. Le Mali nouveau qui se dessine appartiendra aux autres sans nous les sédentaires. Il est temps de réagir à cette situation qui écarte à jamais une partie importante de la population du Nord”, a lancé Mahamane Ousmane Maïga.

 

Boycott général

La déclaration lue lors de la rencontre d’hier par Me Abouba Aliou Maïga est sans détour. Pour les mouvements Ganda Izo, Ganda Lassalizo, Gandakoye, Bouctou et FLN, qui sont les membres fondateurs de la CMFPR, créée en juin 2013 à Ouagadougou, désapprouvent la gestion faite de l‘accord.

“Nous sommes particulièrement indignés de constater que les orientations et idéaux républicains de la CMFPR au moment de sa création aient été superbement ignorées et déviées de leur trajectoire, sans aucune consultation préalable des acteurs concernés”, a menacé la CMFPR.

La raison de cette prise de position se trouve dans les agissements de Me Harouna Toureh qui, selon la déclaration, ne cesse de se battre pour sortir les 11 mouvements fondateurs de la CMFPR du processus de mise en œuvre de l’accord. Et pour manifester son mécontentement, la CMFPR a tenu à informer qui de droit que désormais Me Harouna Toureh ne la représente plus au sein du CSA, de ses démembrements ainsi que les organes de mise en œuvre de l’accord.

La rencontre, qui devait sceller la réunification de la CMFPR, a vu la participation de plusieurs associations et de personnalités. Et des recommandations ont été faites dans le sens de ramener la cohésion au sein des groupes sédentaires.

Alpha Mahamane Cissé

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