Administration publique : Une stratégie nationale de dépolitisation

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Ce document sur lequel les experts vont se pencher durant deux jours, servira de référentiel pour le gouvernement en vue d’améliorer la performance, l’efficacité et l’efficience des structures publiques

L’atelier de validation et de partage de la stratégie nationale de dépolitisation de l’administration publique et de son plan d’actions a démarré hier au Centre international de conférences de Bamako, sous la présidence du ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga.

Cette rencontre de deux jours qui réunit, entre autres, les gouverneurs de plusieurs régions, les représentants de la société civile, permettra un examen minutieux du document qui servira de référentiel pour le gouvernement en vue d’améliorer la performance, l’efficacité et l’efficience de l’administration publique.

La dépolitisation de l’administration, déjà inscrite dans le Plan d’actions du gouvernement de Transition (2021-2022), a été débattue au cours des Assises nationales de la refondation (ANR) en décembre 2021. Lesquelles assises lui ont réservé au moins quatre recommandations.

«Dans le cadre de la mise en œuvre des actions refondatrices dans les différents segments de notre État qui a soif d’une gouvernance vertueuse et légitime au sein des structures administratives dans le respect de l’orthodoxie prescrite, le département de la Refondation a mis en place un processus d’élaboration d’une stratégie nationale de dépolitisation de l’administration publique», a expliqué le ministre en charge de la Refondation de l’État.

D’après Ibrahim Ikassa Maïga, le bureau d’études « Hamali conseil », choisi pour mener cette mission a commis une équipe de consultants pétris d’une riche connaissance de notre administration. À travers un échantillonnage des régions et du District de Bamako, les consultants ont rencontré notamment les représentants des services de l’administration, de la société civile, du secteur privé et la classe politique, a souligné le ministre Maïga.

Ces rencontres ont permis de faire des observations et propositions pertinentes ayant contribué à la production du document soumis à la validation par cet atelier, a fait savoir le patron du département de la Refondation de l’État.

CRISE DE CONFIANCE- Pour le ministre en charge de la Refondation de l’État, le phénomène de politisation de l’administration a pris des proportions inquiétantes ces dernières années. Cela, avec son corolaire de crise de confiance entre les acteurs de la gestion de l’administration et les usagers des services publics.

Selon le chef du chantier de la Refondation, la vision proposée par l’équipe des consultants, à l’issue d’un état des lieux exhaustif de la question de dépolitisation de l’administration est révélatrice à plus d’un titre.

« La vision proposée est une administration neutre, professionnelle, moderne, performante, assurant un égal traitement à tous les usagers et inscrite dans la recherche continue et pérenne de l’amélioration de la qualité des services et de l’innovation», a expliqué Ibrahim Ikassa Maïga.

Toutefois, le ministre dira que le défi à relever demeure important et seule une volonté politique inébranlable permettrait d’inverser la tendance pour une administration professionnelle, performante, responsable, redevable aux citoyens, au service de l’usager et non du militant.

Les activités inscrites dans le plan d’actions doivent être réalisées, a précisé le ministre Maïga, suivant une approche participative et inclusive afin de marquer l’esprit des populations par l’engagement responsable des autorités à créer un environnement propice à la satisfaction de leurs besoins fondamentaux.

Par Mariétou KOITE

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1 commentaire

  1. Tant que l’administration publique malienne est entre les mains des politiciens, ce pays n’émergera pas, cela est sans aucune équivoque. En jetant un coup d’œil sur les pays les plus organisés en matière de démocratie, nous voyons que le financement des partis politiques se fait à partir d’autres sources que celles destinées aux fonctionnements des organes de l’administration publique. Au Mali, les partis politiques vivent sur les ressources destinées aux fonctionnements de l’administration publique, quelle aberration? Les ressources destinées aux fonctionnements de l’administration publique constituent la vache laitière des partis politiques, à ce titre les ministres sont nommés pour faire ce partage sans équivoque, comment alors nos administrations publiques fonctionnerons? On ne joue pas avec l’argent de nos deniers publics sinon se sera le KO pour ce régime et c’est le cas aujourd’hui.

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