Chronique : Procrastination

Je vois déjà certains qui ont ouvert grand leurs yeux en lisant le titre de cette chronique. Rassurez-vous, je ne veux pas tomber dans la mystification ou le pédantisme avec des mots savants ou trop compliqués

19 Mai 2025 - 01:34
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Chronique :  Procrastination

Ce titre m’a été inspiré simplement à partir de l’observation de notre société et de certaines de nos pratiques. Pour faire simple, disons que la procrastination est une tendance psychologique à reporter à un moment ultérieur ce qu’on peut ou doit faire maintenant. Vous commencez donc à comprendre là où je veux en venir. En effet, dans notre pays, s’il y a une pratique qui constitue un vrai frein, c’est cette tendance à toujours reporter certaines décisions.
Le paradoxe est que lorsqu’on souhaite aussi agir vite en sévissant contre certaines pratiques, ce sont toujours les mêmes qui sont prompts à émettre des critiques à n’en plus finir. C’est devenu comme un sport national, lorsque certaines mesures sont annoncées, les gens se disent qu’il s’agit juste de mesures dissuasives et qu’elles ne seront jamais appliquées. 

Ce qui fait qu’aujourd’hui, le centre-ville est plus engorgé que jamais. Ici, les occupants semblent se dire que rien de mal ne peut leur arriver. L’interdiction de circulation des tricycles sur le pont des Martyrs par exemple est permanemment renvoyée aux calendes…maliennes. Sinon, cela fait des années que la circulation des gros porteurs est réglementée dans la capitale. Et malgré les nombreux accidents et dégâts qu’ils causent, les mesures de restriction sont quasiment reportées et cela va de mal en pis. Or, les sages disent toujours que celui qui recule une fois reculera toujours.
Même au niveau individuel, cette pratique est persistante. Des chefs de famille qui décident de prendre certaines mesures radicales, mais qui finissent par reculer car ceux contre qui ils entendent agir font bouillir la marmite. L’élève ou l’étudiant qui remet toujours à plus tard sa révision, car les examens sont encore loin et qui se retrouve devant le fait accompli à la dernière minute en cherchant mille et un prétextes pour expliquer son échec. Les petits tas d’ordures que nous laissons devant la maison en promettant de les évacuer après et qui finissent par devenir des montagnes d’immondices, causes de désagréments et d’ennuis de santé. De la dette qu’on se projette de payer bientôt, tout en continuant à s’endetter en se disant que rien de mal ne peut nous arriver…
A vrai dire, la procrastination est devenue un véritable phénomène de société chez nous et qui plombe beaucoup d’actions. Il nous faut à présent chercher les moyens d’inverser la tendance, car certaines choses ne sauraient être remises à demain sans conséquences. Que ce qui doit être fait tout de suite puisse l’être et qu’on évite d’entasser les dossiers et les problèmes, car plus le temps passe, moins il y aura de chance qu’ils puissent trouver de solutions. Chaque chose à son temps et chaque décision au moment opportun. Ce n’est pas après que l’incendie aura tout ravagé que l’on va faire venir les pompiers. Dans un pays où tout est prioritaire, aucune lenteur ne saurait être acceptable, surtout à certains niveaux. D’ailleurs, cela fait un moment que je voulais écrire cette chronique, mais j’ai eu tendance à le repousser à plus tard. Mais voilà, j’ai fini par y arriver quoi que j’ai perdu un temps précieux pour rien. Procrastination quand tu nous tiens…  

Salif Sanogo

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Commentaires (1)

User
Sangare
Sangare 1 an
Dans notre société, il y a ceux qu'on appelle les ADAMADEN(ceux qui expriment de l'empathie) et ceux qu'on appelle les MOGALAKOLON(ceux qui agissent dans le cadre des principes édictés). Ce n'est pas en réalité qu'on reporte pour plus tard, mais une grande majorité des gens veulent être parmi les ADAMADEN afin d'avoir la reconnaissance de la société le moment venu surtout quand il s'agit des hommes politiques. PENDANT LES DEUX QUINQUENNATS D'ALPHA OUMAR KONARE, DES DÉCISIONS FORTES ONT ÉTÉ PRISES POUR VIABILISER BAMAKO. Les personnes qui étaient à l'origine dd ces décisions sont jusqu'au jour d'aujourd'hui indexés MOGALAKOLON. Ils en ont payé le prix politique. Une femme politique comme MME SY KADIATOU SOW est particulièrement insultée,sa vie privée brocardée du seul fait qu'elle a décidé de ne pas s'aligner dans les rangs des hypocrites. Son mentor feu BOUBACAR SADA SY a payé le prix fort quand il était au ministère de la défense car assassiné par les ADAMADEN qui le considéraient comme un MALAKOLON. Feu SOUMAILA CISSE a vu les cadres qu'il n'a pas hésité à sanctionner pour n'avoir pas osé s'assumer se ranger du côté soit d'ATT soit d'IBK pour l'empêcher d'être président de la République. POUR CONSTRUIRE CE PAYS IL FAUT DES MALAKOLON. Regarder comment est traité un homme comme SOUMANA SACKO. C'est un immense MALAKOLON car on sait que si on lui permet d'avoir les leviers du pouvoir, il ne s'alignera pas dans les rangs des hypocrites ADAMADEN. On sait qu'il va mettre fin, sans doute, aux nombreux désordres du pays aussi bien économiques que sociaux. Par contre un homme comme ATT était particulièrement aimé pour être un ADAMADEN. Ce qui explique les désordres pendant ses deux mandats. Il ne s'agit pas de reporter des décisions mais de se faire aimer de la population. Un homme d'Etat ne se soucie pas de sa population mais de la satisfaction de l'intérêt. La population malienne est manipulée à détester les hommes d'Etat.
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