Enquête 2015 sur la corruption en Afrique : 18% des Maliens ont dû recourir au «surafèn» en 2014

Transparency International et Afrobaromètre viennent de rendre public le rapport final de l’enquête sur la corruption en Afrique menée auprès de plus de 43 000 personnes au sujet de leur perception et de leur expérience de ces mauvaises pratiques dans leurs pays respectifs.

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Si une majorité de Maliens (46%) estime que la corruption n’a pas augmenté en pourcentage au cours de l’année écoulée, il n’en demeure pas moins qu’elle reste une dure réalité à affronter au quotidien.

Rappelons que l’étude a concerné 36 pays africains au total, dont 28 en Afrique sub-saharienne: Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Kenya, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Namibie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Afrique du Sud, Swaziland, Tanzanie, Togo, Ouganda, Zambie et Zimbabwe.

Les enquêtes ont été menées au Mali par le GREAT, le Groupe de recherche en économie appliquée et théorique, du 1er janvier au 14 décembre 2014, et ont intéressé des échantillons de 1 200 personnes à chaque fois, pour une population âgée de plus de 18 ans estimée à 6 837 482 habitants.

Il en ressort que, dans notre pays, 70% des sondés estiment que le monde des affaires est le plus corrompu, suivi des juges et autres magistrats (56%) et des forces de police (53%).

Viennent ensuite les agents des impôts, douanes et autres taxes (46%), ceux des services publics en général (45%), les élus locaux (44%) et les officiels gouvernementaux (43%).

Les six classes d’intervenants scrutées pour ce qui est du paiement éventuel de bakchichs ont été les responsables du monde scolaire, les acteurs du milieu médical et hospitalier, les agents de l’administration en charge de la délivrance des documents officiels, les responsable de la fourniture de services, les agents de police et les officiels des cours et tribunaux.

56% des Maliens interrogés estiment que notre gouvernement s’y prend mal en termes de lutte contre la corruption et 18% ont du payer un pot-de-vin à un service public au cours des 12 derniers mois, contre 22% en moyenne en Afrique sub-saharienne.

Ces paiements indus ont été effectués à des éléments de la Police (entre 31 et 45% des cas) et pour l’obtention de documents officiels (Carte d’identité, permis de conduire, etc.) de 16 à 30% des cas, 50% des enquêtés ayant été concernés.

Suivent, dans une moindre mesure, les professionnels des  établissements scolaires, de soins médicaux (fréquentés par 59% des sondés) et de fourniture de services divers (de 1 à 15% des fois).

Ramata Diaouré

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