Moussa Traoré, Modibo Keïta et l’État de droit : Tiébilé Dramé dresse l’état des lieux

29 Sept 2020 - 07:46
Mis à jour: 6 ans
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Moussa Traoré, Modibo Keïta et l’État de droit :  Tiébilé Dramé dresse l’état des lieux
L’ancien ministre malien des Affaires étrangères, emprisonné plusieurs fois comme leader estudiantin et syndicaliste sous Moussa Traoré, évoque la mort du premier militaire à avoir fait un coup d’État au Mali et celle, dramatique, de Modibo Keïta,président chassé du pouvoir en 1968. Un plaidoyer en faveur de la démocratie et de l’État de droit qui est aussi la première prise de parole publique de l’ancien ministre depuis le putsch du 18 août. Réagissant au décès du président Moussa Traoré, mon ami, l’ancien leader estudiantin Djiguiba Keïta, exilé politique de 1983 à 1991, a confié à RFI : « Pour moi, la mort de Moussa Traoré est un non-événement. » Auteur du premier putsch de l’histoire du Mali contemporain, le président Moussa Traoré a gouverné pendant 22 ans, quatre mois et une semaine. Ayant fait basculer l’évolution politique, économique, sociale et culturelle du pays dans la matinée du 19 novembre 1968, il laissera des traces indélébiles dans l’histoire de la nation malienne. Pour ces raisons, et pour d’autres, sa disparition ne saurait être un non-événement. Je me réjouis du fait que le président ait eu la chance et le bonheur de mourir dans sa résidence, entouré de son épouse, de ses enfants et petits-enfants. Grâce aux libertés démocratiques conquises dans le sang des martyrs de janvier et mars 1991. Grâce aux acquis de la révolution, grâce à l’esprit de mars et à l’État de droit instauré à la faveur du changement de régime, le président a été traité, après son arrestation dans la nuit du 25 au 26 mars 1991, avec le respect inhérent à la dignité humaine et la considération due à son rang passé. Démocratie et humanisme Dix années durant, le général Moussa Traoré a été détenu dans des conditions acceptables, respectueuses des règles. N, ni traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ni injures, ni manque de respect de la part de ses geôliers. Au cours de deux procédures judiciaires engagées contre lui, l’une sur les crimes de sang, l’autre sur les crimes économiques, Moussa Traoré a eu droit à des procès équitables au cours desquels le principe du contradictoire et les droits de la défense ont été largement respectés. C’est au nom de l’idéal cher au Mouvement démocratique tant vilipendé en ces temps, que la peine capitale prononcée contre lui a été commuée en détention à perpétuité. C’est au nom du même idéal de démocratie et de réconciliation nationale que le président Alpha Oumar Konaré a gracié, en 2001, le général Moussa Traoré et pris des dispositions pour l’installer dans des conditions respectueuses de son statut d’ancien président de la République. C’est, donc, grâce aux convictions démocratiques et à l’humanisme des responsables de la troisième République que le président Moussa Traoré a pu vivre pendant 19 ans en liberté, au milieu des siens, et mourir tranquillement dans sa famille. Il a, ainsi, eu amplement le temps de raconter à ses petits-enfants ses hauts faits de stratège, de tacticien et d’officier habile. Le calvaire de Modibo Keïta Malheureusement, son prédécesseur, le premier président du Mali indépendant, père de l’Indépendance, n’a pas eu cette chance. Modibo Keïta est mort le 16 mai 1977 dans des circonstances qui n’ont toujours pas été élucidées. Il est mort dans une cellule exiguë du camp de parachutistes de Djikoroni, huit ans et six mois après son arrestation le 19 novembre 1968, après  avoir connu les geôles des camps militaires de Kati, Sikasso et Kidal. Il est mort, ce jour-là, sans aucune considération pour son rang, sans aucun respect de la dignité humaine. Comme lui, le président de l’Assemblée nationale, les membres du gouvernement, des parlementaires et de nombreux hauts cadres du pays ont été maintenus en détention des années durant, sans jugement et, très souvent, ont été soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants. À TAOUDENIT, LA CRUAUTÉ DES GEÔLIERS ÉTAIT SANS LIMITE Plusieurs dirigeants civils et militaires, y compris les propres compagnons d’armes et de putsch du général Moussa Traoré, ont péri dans des conditions infra-humaines, dans l’une des pires prisons du monde : le camp pénal de Taoudenit. Dans ce véritable enfer sur terre, situé à 750 kilomètres au nord de Tombouctou, dans le Tanezrouft malien, l’une des régions les plus inhospitalières de la planète, les prisonniers étaient soumis aux travaux forcés dans les mines de sel jusqu’à épuisement, sous une chaleur accablante. Ils dormaient à même le sol, dans la poussière et le sable, sans aucune protection contre les morsures des froides nuits dans le désert. Sous alimentés, pour beaucoup atteints du béri-béri, les détenus s’y nourrissaient des rats, lézards ou margouillats qu’ils parvenaient à attraper parfois. Et pour boisson, ils n’avaient accès qu’à de l’eau saturée de sel. Une trop longue liste À Taoudenit, la cruauté des geôliers était sans limite. Les prisonniers étaient battus jusqu’au sang, parfois jusqu’à ce que mort s’ensuive. Déshumanisés, les morts étaient chargés sur des brouettes pour être enterrés sommairement, sans sépulture décente. Et Taoudenit n’était qu’une des nombreuses prisons du régime : Kidal, Tessalit, Aguel-hock, Bouressa, Ménaka, Inakounder… La liste est trop longue pour les citer toutes. Trop longue, aussi, la liste des victimes. Citons Cheikh Oumar Tangara, leader étudiant à Dakar, expulsé par les autorités sénégalaises en 1971, et Abdoul Karim Camara, secrétaire général de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) morts sous la torture au camp des parachutistes de Djikoroni, cet autre haut lieu de détention pendant ces années sombres.   Tel était le Mali sous le président Moussa Traoré. Son décès, dans son lit, confirme la supériorité du projet humaniste porté par le Mouvement démocratique dont les combats ont conduit, en 1991, à l’instauration du multipartisme et de l’État de droit. Nous devons tous, ensemble, tout faire pour préserver le cadre démocratique et républicain, les valeurs de mars et l’État de droit. Que le président Traoré repose en paix. TiébiléDramé, Source : Jeunes Afrique

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Commentaires (16)

User
Midole
Midole 6 ans
Ah maliens pourquoi continuez-vous à nier la vérité historique . Ce pays est de tout le temps depuis l'aube de notre indépendance gouverné dans des mensonges en tronquant l'histoire et en niant la vérité. Modibo KEITA a fait disparaitre tout un village (SAKOBA) dans la région de SEGOU suite au lynchage d'un agent des impôts. Moussa TRAORE a livré DIBY SILLAS DIARRA aux rebelles touaregs alors que ce dernier venait de mâter la rébellion touareg. les usines amenées des pays de l'EST par Modibo KEITA étaient pour la plupart non seulement obsolètes car issues des décombres de la deuxième guerre mondiale vu que les pièces de rechange n’étaient pas accessibles facilement, leur capacité de transformation n'étaient pas combler par la production agricole jugée faible. Les usines travaillaient au plus 6 mois sur 12 (conf feu Mamadou MACALOU ancien ministre des finances sur ORTM).
soulbia
soulbia 6 ans
très malhonnête de sa part de parler de moussa Traoré de cette façon. un tiéoule qui aucune dignité un vrai pique-assiette .
Ramses
Ramses 6 ans
QU`ILS SE TAISENT TOUS CEUX QUI N`ETAENT PAS SUR LA PLACE DE L`INDEPENDENCE AU MOINS DURANT TOUTE LA TRANSITION QU`ILS SE TAISENNNNNNNNNT
GANAKE
GANAKE 6 ans
Venant de ta part, ces propos au sujet du General Moussa TRAORE ne m'étonnent guère. C'est quand même dommage que, a ton âge, tu n'est aucun respect pour un mort. Cela est viscéral en toi, c'est un problème d'éducation. Mais, même mort, GMT vaut mieux que toi 10 000 fois. Tu es chef d'un parti qui ne représente rien sur l'échiquier. Tout ce qui reste a ce parti, c'est d'attendre qu'on lui tende la perche pour rentrer dans un gouvernement, en ce moment la, c'est ton nom qui est donne parce que tu es en chômage. Tu as du souffrir lorsque, a chaque apparition de GMT, le peuple se bousculait autour lui .Je te le répète, même mort LE GENERAL MOUSSA TRAORE VAUT MIEUX QUE TIEBILE DRAME. Sale esclave.
Dongo
Dongo 6 ans
Que l'on mange à tous râteliers justifie-t-il le massacre de dizaine d'êtres humains? Qu'ils se trouvent des êtres bien-pensants qui absoudent les crimes ignobles de Mousssa TRAORE en dit long sur ce qu'est l'homme malien. On peut par une symétrie des faits dire qu'Hitler a ses adeptes de même que le Pharaon. Est ce que cela adoucit ou rend juste les crimes portés à leur charge? Il n'a jamais demandé pardon au peuple malien, car à un humain Moussa ne demandera pas pardon. Est-ce la morale d'un bon pieux? Les enseignements islamiques attestent qu'un Président est coupable de tous les tords qui se commettent sous son magistère, pour Moussa ça ne le sera pas. La cruauté et son insensibilité au sort de ses opposants et de leur famille est telles qu'un jugement divin mettrait à coup sûr la bonté au dessus des valeurs. Je rappelle juste que Firahouna continue encore aujourd'hui de nous révéler l'étendu de son pouvoir à travers le génie des pyramides et de son pouvoir. Qui se tiendrai à côté de notre seigneur le jour du jugement dernier? Lui ou notre Prophète Aléhi Salat? Tiéblé, je vous ai vu dans le véhicule de transport de troupe appelé communément le "22" en partance pour Ménaka. Ce matin là plusieurs femmes d'Ansongo ont pleuré jusqu'à perdre connaissance. Pour beaucoup d'entre elles, elles ne vous connaissaient pas. Elles avaient des enfants de votre âge et s'imaginaient donc à la place de votre mère. Vous y êtes revenu avec les Victor Sy, V zero, Mohamed Lamine TRAORE etc et nous avons dit Dieu est bon. J'ai également vu revenir en loque humaine mon Oncle Commissaire Abdoulaye, feu Commissaire Abdoulaye, qu'a-t-il fait? Son amitié avec Tiécoro. Les profondeurs de l'esprit humain sont insondables, lorsqu'il agit dans l'accomplissement du mal, du mal absolu. Les tumultes de notre présent, quelques graves qu'ils sont ne peuvent justifier le passé sanguinaire de certains au risque de voir se répéter, les camps mouroirs de Taoudénit, les charniers macabres de Diago , la disparition inhumaine de Abdoul Karim CAMARA dit Cabral, du frèle et innocent journaliste Birama TOURE, des officiers puis soldats de deuxième classe Kissima Doukara, Tiécoro BAGAYOKO ... Tous ces morts toutes ces cruautés ont le même déterminant, l'homme malien qui n'excelle que dans la copie de l'ignoble. La gloire de l'instant s’accommode de tout: Moussa peut donc être le républicain d'IBK et Assimi GOITA le rédempteur du Capitaine-Général SANOGO. Pour enfin paraphraser le chanteur: " Pas de slow pour moi"; Pas de refondation pour moi, il n'y a plus d'espoir.
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ℒ0¥®ÆG¥ 5 ans
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