Rassemblement du 11 août : Force et puissance !

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Après quelques semaines de scepticisme et d’intox, le Mouvement du 5 juin du Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-rfp) semble revivre avec plus de force et de détermination. Le Boulevard de l’Indépendance, au Centre-ville de Bamako, n’a pas désempli du monde, ce mardi 11 août 2020. C’est suite à l’appel de son Comité stratégique sous l’égide de l’Imam Mahmoud Dicko que d’aucuns avaient accusé à tort ou à raison d’avoir voulu changer de fusil d’épaule. Appel lancé le dimanche dernier, à la faveur d’une rencontre avec la presse nationale et internationale, au quartier de Faso Kanu, en Commune VI du District de Bamako. Ce fut, donc, un mouvement populaire bon enfant avec le mot d’ordre de persévérer dans la lutte pacifique contre la mauvaise gouvernance et pour la « restauration » et la « refondation » du Mali au plan socio-économique, politique, culturel, sécuritaire et souverain. Toutefois, le relatif ver dans le fruit aura été qu’un groupuscule d’extrémistes, sans doute stipendiés par le pouvoir, a eu l’intention de transformer le monument de l’Indépendance de Bamako-coura en une place de Tahrir d’Egypte. Avec provisions et bagages, des manifestants y ont érigé de tantes et moustiquaires de fortune pour attendre la démission du Président IBK.

Comme à l’accoutumée, le Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-rfp) a relevé le défi de la mobilisation monstre et pacifique de ses millions de militants et sympathisants décidés d’évincer le Président Ibrahim Boubacar Kéïta du pouvoir. C’était à travers un grand meeting populaire, déroulé le mardi 11 août 2020, sur le Boulevard de l’Indépendance, au centre-ville de Bamako. La place publique fut noire du monde durant toute l’après-midi de ce mardi, sous l’égide de l’Imam Mahmoud Dicko, entouré de tous les leaders des partis politiques de l’opposition et des associations membres du M5-rfp.

Contrairement au rassemblement du 10 juillet dernier qui s’est soldé par plusieurs victimes dont 23 décès et plus de 200 blessés graves par des tirs à balles réelles, la présente manifestation populaire s’est passée, dans l’ensemble, dans un climat tout à fait pacifique et civilisé. En tout cas, jusqu’au moment où nous mettions sous presse, aucun incident majeur n’avait été déploré entre manifestants et forces de l’ordre. Pourtant, au centre-ville et dans certains quartiers de la haute banlieue de Bamako, des scènes de manifestations populaires dont les acteurs scandaient des slogans hostiles au régime d’IBK se sont poursuivies jusqu’à tard dans la nuit. Mais, vu le caractère pacifique et tout à fait démocratique de ces descentes dans les rues, il n’y a pas eu ouvertement de réactions, comme on le redoutait tant, disproportionnées du côté de la police. En substance, l’habituel redoutable bruit des explosions et détonateurs de gaz anti-émeutes et des tirs à balles réelles a cédé, cette fois-ci, la place à une dispersion pacifique des manifestants avec des coups de klaxons, de sifflet et autres brouhaha des clameurs publiques et de petits trompettistes qui s’époumonaient devant des porteurs d’uniformes quasiment indifférents.

Ainsi, côté tribune paré du tricolore national, ce sont les leaders de la classe politique et de la société civile, avec les membres du Comité stratégique du M5-rfp, qui étaient officiellement installés. On y notait également la présence effective des responsables des coordinations des femmes et des jeunes, la paire d’ailes marchante du mouvement, tous autour de l’Imam Mahmoud Dicko, le désormais parrain de la classe politique malienne, qui incarne l’autorité morale de la société civile de ce pays. C’est à 16 H33 que l’Imam Dicko est arrivé sur place sous une vive ovation populaire par une foule bon enfant.

Dans leur déclaration officielle, la 5e du genre, livrée par Ibrahim Ikassa Maïga, les dix intervenants qui se sont succédé au micro ont réitéré la ferme détermination du M5-rfp de sauver le Mali. Ils insistent sur leur demande de démission d’IBK et son régime et réclament l’ouverture d’une période de transition démocratique. Ce qui dénote que cette mobilisation réussie atteste le ferme attachement du peuple malien aux idéaux de Mars 1991 et à la bonne gouvernance. Dans la teneur de cette déclaration officielle, le Comité stratégique du M5-rfp persiste et signe que ce mouvement continuera pacifiquement ses actions pour faire aboutir ses revendications. Le porteur du message exige la démission du Président IBK et du Premier Ministre Dr. Boubou Cissé accusés d’avoir confisqué le pouvoir au profit d’un clan de corrompus. C’est dans le même ordre d’idées que les autres intervenants, qui ont été plus d’une dizaine d’inscrits, s’exprimeront en langue nationale bambana à l’adresse de leurs militants très engagés.

Ainsi, Issa Kaou Djim, le n°10 dans l’ordre crescendo des interventions, laissera entendre que le « problème du Mali, c’est IBK en personne » et que la solution passe par sa démission avec son PM, Dr Boubou Cissé. Pour le Doyen Cheikh Oumar Sissoko, ce combat est une lutte générationnelle. De ce fait, il invite les jeunes générations d’y contribuer de corps et âme afin de pouvoir assurer la relève et garantir l’avenir de la nation sur tous les fronts.  Quant à Dr. Choguel Kokalla Maïga, le M5-RFP mettra tout en œuvre pour instaurer une nouvelle période de transition et satisfaire ses revendications.

Ensuite, le jeune Activiste de Kati, Adama Benn Diarra, rassurera l’assistance de la détermination et la cohésion interne du M5-rfp. Toujours selon Dr. Choguel Kokalla Maïga, l’objectif principal reste la démission du Président IBK, le M5-RFP est condamné de tout mettre en œuvre pour instaurer une nouvelle période de transition et d’œuvrer inlassablement à la satisfaction intégrale de ses revendications formulées à l’adresse du pouvoir en place et de la communauté internationale.

Pour l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé du parti FARE, la sortie de crise est liée absolument à la « Refondation » du système politique et structurel de la nation malienne. Pour le Professeur Clément Dembélé, il faut amener à tout prix le régime en place à renoncer à sa politique d’impunité instaurée, à son avis, par le Président IBK et ses lieutenants. Pour Me Mohamed Ali Bathily, le salut du peuple demeure dans le respect à la règle les textes de la Constitution en vigueur.

Pour sa part, Dr Oumar Mariko du parti SADI soutiendra, avec des chiffres à l’appui, que le système politique malien actuel est en passe de remettre tous les acquis de la lutte démocratique des années 1990. Révolutionnaire convaincu, il met l’occasion à profit pour accuser nommément le Président français, Emanuel MACRON, d’être derrière le régime d’IBK face à la volonté populaire malienne. En quelques mots, il s’est élevé contre les risques de dérapages au plan démocratique dans plusieurs autres États ouest-africains mais que la CEDEAO n’arrive toujours pas à contenir en amont.

Pour Me Mountaga Tall, la priorité des priorités du M5-rfp reste la mise en place d’une commission d’enquêtes internationale indépendante sur les tirs meurtriers des 10, 11 et 12 juillet dernier afin que les responsabilités soient clairement situées et les commanditaires traduits devant les juridictions compétentes nationales et internationales. Car, leur lutte pour l’avènement de l’ère démocratique dans les années 90 était qu’il n’y ait plus ça au Mali ; c’est-à-dire, l’arbitraire et le bain de sang des Maliens innocents.

Une des voix les plus attendues était également celle de Mme Sy Kadiatou Sow, l’icône et l’égérie de tous les combats pour la Démocratie, la Justice et l’émancipation féminine au Mali ; elle invitera les générations montantes à la bravoure, à l’objectivité et au travail constructif…

Pour boucler la boucle, c’est l’Imam Dicko qui montera au créneau pour rassurer, sans ambages que Dieu fera aboutir à coup sûr le présent combat du M5-rfp. Dans cette optique, il demande avec insistance à ce que toutes les actions et manifestations de ce mouvement s’inscrivent dans un cadre pacifique et légaliste. Il insiste sur son refus de verser à «la faute » pouvant armer légalement ou juridiquement leurs adversaires politiques. Position qui a soulevé des murmures et réactions hostiles du côté de certains jeunes manifestants qui ont tenu à transformer le lieu du rassemblement à une place Tahrir des pays arabes. Contre la volonté de leur Guide spirituel, ils ont passé la nuit du 11 au 12 août avant d’être dégagés par les forces de l’ordre le lendemain matin.

Dans son intervention, l’Imam Dicko s’est félicité de l’engagement des mouvements des jeunes et des femmes dans le cadre de cette mobilisation. Il a salué et formulé des prières et bénédictions spéciales à l’adresse de toutes les forces vives de la nation malienne, particulièrement aux jeunes et aux femmes de Badalabougou et de toute la Commune V du District de Bamako pour avoir constitué un véritable bouclier humain autour de sa personne physique lors des fusillades commanditées contre sa mosquée et son domicile. Il a exprimé aussi ses gratitudes au Chérif de Nioro, Bouyé Haïdara, et à la communauté internationale au chevet du Mali.

Comme il fallait s’y attendre, il y a eu un cas isolé de discordance entre quelques jeunes militants du M5-rfp. C’est par rapport à la vision stratégique de l’Imam Dicko pour qui tout doit s’opérer pacifiquement et lentement mais sûrement.

A cet effet, un groupe de manifestants avait érigé des tantes et abris de fortune, dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 août, autour du rond-point de la Place de l’Indépendance, avant d’être dispersé à coups de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre. Opération soldée par quelques cas de blessés légers et d’interpellations sommaires.

Au passage, il faudra retenir que, côté communauté internationale, le médiateur de la CEDEAO, l’ancien Président nigérian, Goodluck Jonathan, venu assister à l’installation des nouveaux membres de la Cour Constitutionnelle, a eu à rencontrer, ici à Bamako, les plus hautes autorités maliennes, les membres du Comité stratégique du M5-rfp et les leaders religieux dont l’Imam Mahmoud Dicko et Cherif de Nioro du Sahel à son fief, dans la ville même de Nioro du Sahel. Ce dernier a promis à son hôte qu’il livrera une importante déclaration à l’adresse de la nation lors de son sermon de ce vendredi, 14 août 2020. Aux dernières nouvelles, l’Imam Dicko devrait effectuer un déplacement à Nioro sur invitation du Chérif. C’est pour peaufiner ensemble, selon nos informations, la suite à donner aux nouvelles propositions de Goodluck Jonathan portant sur le rétablissement du fil de dialogue direct entre le Président IBK et l’Imam Dicko. Propositions du reste rejetées en bloc par les leaders du M5-rfp à travers un communiqué rendu public, le mercredi 12 août dernier.

Djankourou

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3 COMMENTAIRES

  1. Notre pere Banzouman Sissoko nous disait: Konate dankelen akan darampon tigui doun dankele Mali kera anw ta ye!!Notre mere Tara Bouare nous disait: Sanu negueni ani wari negueni, ma bi tele ke an ka makelen te digne laban! L’Hymne de l’Empire du Wasulu nous dit: “Si tu ne peux organiser, diriger et défendre le pays de tes pères, fais appel aux hommes les plus valeureux;
    Si tu ne peux dire la vérité, en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes les plus courageux;
    Si tu ne peux être impartial, cède le trône aux hommes justes;
    Si tu ne peux protéger le fer pour braver l’ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur;
    Si tu ne peux exprimer courageusement tes pensées, donne la parole aux griots.
    Oh Fama! Le peuple te fait confiance, il te fait confiance parce que tu incarnes ses vertus.”
    Peuple debout du Mali, souvenons-nous et restons vigilents pour ne pas laisser notre pays le Mali disparaitre car Boua le ventru IBK le nullard, le faineant et le Corrompu s’en fout du Mali et des Maliens!

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