Mise en œuvre de l’accord pour la paix : Une commission nationale constituée

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Dans le cadre de l’accélération de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, une commission nationale de coordination  a été mise sur orbite le 15 janvier dernier,  avec comme Président le Premier ministre Modibo Keïta.

Cette commission, chargée de la coordination de la mise en œuvre de l’Accord, a tenu, le 15 janvier dernier, sa réunion de  prise de contact à la Primature,  sous la présidence du Premier ministre Modibo Keïta. Elle est composée des départements ministériels, des membres de la société civile et des mouvements signataires de l’Accord. Visiblement, cette commission pourrait mettre fin un temps soit peu aux velléités des mouvements armés signataires de l’Accord qui s’impatientaient d’entrer dans le gouvernement. Contre toute attente, aucun des mouvements ne figure dans le nouvel attelage. Le Premier ministre semble avoir trouvé la bonne formule en les casant dans une commission chargée de mettre en œuvre l’Accord. Dans son discours de prise de contact, Modibo Keïta a indiqué qu’une chose est de signer un accord  et une autre est de le mettre en œuvre. Le Mali soulignera, t-il, mérite d’être accompagné, mais il ne faut pas qu’il soit accompagnateur. «Un Comité de suivi de l’Accord a été mis en place, comprenant les parties signataires et les partenaires techniques et financiers. Mais, il fallait un comité pour mettre  en œuvre cet Accord. On jouait donc  sur les mots», a-t-il précisé. L’occasion pour lui de schématiser la situation qui, selon lui, ressemble à du miel composé de plusieurs fleurs. Une fois le miel est fabriqué personne ne peut identifier quel est la part de telle fleur. Partant, il fera savoir que les membres de la nouvelle commission auront la tâche de réfléchir sur les voies et moyens afin de garantir le succès de la mise en œuvre de l’Accord. S’agissant  du  plan de la mise en œuvre de l’Accord, il dira que ce ne serait que la lecture déclinée de l’Accord en activités, assortie de contrainte de temps, de critères et d’indication d’acteurs. Toutefois, il reconnaitra que la mise en œuvre de l’Accord a connu des difficultés et des  bréviaires. «Nous avons souhaité que toutes les réunions  qui pourraient se tenir sur l’Accord s’articulent sur l’examen minutieux de ce plan de paix. Tout en s’interrogeant quelles sont les activités qui n’ont pas été mises en œuvre et quels sont les délais qui ont été passés», a-t-il notifié aux membres de la commission. Et d’ajouter que la composition de cette commission  a été la plus inclusive possible. Par ailleurs, il a souhaité qu’on ne qualifie plus les frères du Nord de mouvements armés, mais plutôt des composantes de la partie malienne. Selon lui, cette appellation recouvre toutes les parties prenantes de l’Accord, à savoir le gouvernement, les frères du Nord. Il n’a pas manqué de souligner  que depuis la signature de l’Accord, beaucoup d’actes de violence ont été commis, mais au plan national et international, personne ne peut prouver que les mouvements armés signataires de l’Accord  sont entrés en belligérance  avec l’Etat du Mali. «Les signataires de l’Accord méritent aujourd’hui qu’on leur reconnaisse ce sens de responsabilité», a-t-il affirmé. Partant, il fera  savoir  que la signature de l’Accord a permis d’isoler une autre frange qui ne vit qu’à travers la violence, à savoir les terroristes et les djihadistes. Par ailleurs, M. Keïta a estimé qu’il est très facile de dire que l’Accord piétine, l’Accord n’est pas bien mis en œuvre. «Il faut que chacun mesure sa responsabilité. Cet Accord fait partie de ceux qui ont été largement discutés. Une maison mérite toujours d’être achevée. Le gouvernement réunira les meilleures conditions  pour que ce travail s’accomplisse efficacement», a-t-il conclu

Boubacar SIDIBE

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