Le Mot de la semaine de Youssouf Sissoko : CENTENAIRE

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Le président IBK en décidant de consacrer un semestre à la commémoration du centenaire de la naissance du premier Président de la République du Mali a voulu  rappeler à la nouvelle génération la glorieuse histoire du panafricaniste émérite et du patriote que fut le président Modibo Keita. Père du Mali indépendant, pionnier de la lutte pour l’émancipation des peuples opprimés, Modibo Keita fut un instituteur d’élite. Il aura réussi à porter la voix du Mali et de l’Afrique aux grands foras internationaux. En 8 ans de gestion, il a su poser les jalons d’un véritable décollage socio-économique du Mali. Il aura donné au malien sa dignité, son honneur et le sens du sacrifice et de la responsabilité. Le centenaire a été l’occasion rêvée dans le contexte actuel du Mali post-crise de se remémorer les gigantesques œuvres accomplies par le Président Modibo Keita. La nouvelle génération a approfondi ses connaissances sur l’homme, son passé et sa vision. Elle doit désormais s’inspirer de l’exemple de celui qui fut un guide, un leader, mais aussi et surtout un patriote convaincu et africaniste intégral. Le Président Modibo Keita est au Mali ce que  Mao Tsé-toung fut pour la Chine et Lénine pour la Russie, une source d’inspiration politique intarissable. De mauvaises langues pourront dire qu’une nation ne vit pas que du passé, mais qu’elle doit travailler pour se faire respecter. Un peuple aussi sans passé est un monde sans âme. La jeune nation malienne qui n’a que 55 ans plonge ses racines dans un glorieux passé, marqué par des grandes conquêtes. Comme aimait rappeler le Président de la République IBK : Nous fûmes quand beaucoup de nations dites prospères aujourd’hui n’étaient pas. Le Mali qui se cherche aujourd’hui a été pourtant au cœur de l’histoire et de la culture de l’ouest africain. Terre de rencontres et de savoir à la croisée des civilisations arabo-berbères et négro africaines. Il fut la terre des empires qui ont été parmi les plus grands du continent.

Celui dont le centenaire mobilise toute la nation est né le 4 juin 1915 à Bamako-Coura. Fils de Daba et de Hatouma Camara, Modibo est issu d’une famille malinké et musulmane pratiquante. Son parcours politique fut très riche. En novembre 1956, il devient maire de Bamako et est élu député à l’assemblée nationale française dont il devient vice-président. Il siègera deux fois comme secrétaire d’État dans les gouvernements français de la Quatrième République :Secrétaire d’État à la France d’Outre-mer du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury (du 17 juin au 6 novembre 1957) ;Secrétaire d’État à la Présidence du Conseil du gouvernement Félix Gaillard (du 18 novembre 1957 au 14 mai 1958).En 1958, il est élu président de l’Assemblée constituante de la Fédération du Mali qui regroupe le Soudan français, le Sénégal, la Haute-Volta et le Dahomey (ces deux derniers pays quitteront rapidement la fédération). Le 20 juillet 1960, Modibo Keïta est nommé chef du gouvernement de la Fédération du Mali (qui regroupe le Soudan français et le Sénégal). Après l’éclatement de cette fédération, le 22 septembre 1960, il proclame l’indépendance du Soudan français qui devient la république du Mali. Il en prend la présidence. Le 19 novembre 1968, le lieutenant Moussa Traoré organise un coup d’État et renverse Modibo Keïta qu’il envoie en prison à Kidal. Durant neuf ans, de 1968 à 1977, le pays est alors dirigé par le Comité militaire de libération nationale (CMLN). Modibo Keïta meurt en détention à Bamako le 16 mai 1977 à l’âge de 62 ans dans des circonstances suspectes. Radio-Mali diffuse un communiqué annonçant : « Modibo Keïta, ancien instituteur à la retraite, est décédé des suites d’un Å“dème aigu des poumons ». Puisse le martyre du Père de la Nation servir de boussole à la jeune génération.

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